L’ÉGLISE D’ANGLETERRE À TRAVERS SON HISTOIRE 2- le 17e siècle

Une réforme inachevée qui provoque des divisions

par Robert Gill, Église protestante unie de Saintes-Cœur de Saintonge

 

Le fait que la réforme reste inachevée – et de nos jours, c’est toujours le cas- suscite vite des divisions. En 1603, à la mort d’Elizabeth 1ère, il existait déjà au sein de l’Église d’Angleterre des groupes de dissidents, par exemple les Anabaptistes qui pratiquaient le baptême des croyants, c’est-à-dire des seuls adultes.

Il y avait également des Puritains, qui étaient peu satisfaits du progrès de la réforme de l’Église d’Angleterre. En effet, celle-ci conservait toujours des éléments du catholicisme médiéval. Par exemple, il existait toujours des cathédrales, des chœurs d’église, une liturgie prescrite et des vêtements sacerdotaux. Les Puritains souhaitaient surtout abolir l’épiscopat. Ils mettaient l’accent sur la prédication de la Parole de Dieu. Ils voulaient que les églises locales puissent diriger la vie spirituelle. Ils s’opposaient à l’archevêque de Cantorbéry de l’époque, William Laud, qui essayait de défendre la place des évêques et était favorable à ce qu’on embellisse de nouveau les églises. Frustrés, beaucoup de Puritains partirent pour la Nouvelle-Angleterre afin de fonder une nouvelle société de croyants en Amérique.

 

 

Le mouvement baptiste, qui date également du début du 17e siècle, constituait une autre manifestation des scissions au sein du protestantisme anglais.

Au milieu du 17e siècle, George Fox, issu d’une famille puritaine, fonde la « Société des Amis » : les Quakers. Lui aussi est peu satisfait des doctrines de l’Église d’Angleterre et pense qu’il est possible d’avoir une expérience du Christ sans la médiation du prêtre. Prédicateur puissant, il insiste sur l’importance de la méditation personnelle comme moyen de révélation de la vérité religieuse, et fait peu de place aux rituels et aux cérémonies.

 

On peut conclure qu’au début de la guerre civile, en 1642, il existe en Angleterre un patchwork de modèles différents de l’autorité et de l’organisation ecclésiales de l’Église. La guerre civile (1642-1651) fige de façon permanente ces divisions religieuses.
Après la guerre civile, le roi Charles II restaure le Livre de la prière commune et l’épiscopat. Il interdit aux dissidents et aux catholiquesd’exercer des fonctions officielles et ils ne peuvent plus se réunir pour leurs offices. A partir de 1699, un catholique ou l’époux d’un catholique ne peut plus accéder au trône. Il est toujours exact que le monarque ne peut être catholique, situation difficile à concilier avec le rôle de chef de l’Église d’Angleterre.
La fin de la guerre civile marque aussi le début de l’essor du commerce international. Pendant 150 ans, ce commerce est une des activités économiques les plus importantes pour l’Angleterre ; il touche l’Amérique, les Caraïbes, l’Afrique et l’Asie. Évidemment, ce commerce concerne souvent le trafic d’esclaves. L’Église d’Angleterre fournit des aumôniers pour la Marine et un clergé pour les nouvelles colonies : ce sont les débuts de l’Église anglicane.
Malgré les essais législatifs pour obliger tous les Anglais à accepter l’autorité de l’Église d’Angleterre et imposer ordre, stabilité et uniformité, les dissidents et les catholiques subsistent.

 

Relire la première partie :
L’ÉGLISE D’ANGLETERRE À TRAVERS SON HISTOIRE 1- le 16e siècle

 

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