par Jean Loignon, Eglise protestante unie de Loire-Atlantique.
1 Rois 19,12b : ce demi verset figure dans le récit de la fuite d’Elie, prophète et défenseur jusqu’à l’extrême du Seigneur mais qui s’est attiré la haine de la reine Jézabel, favorable aux dieux païens. Menacé, Elie s’enfuit dans le désert et réfugié dans une caverne, il confie à Dieu son découragement et son sentiment de ne pas être soutenu. Le Seigneur lui annonce alors sa venue. S’ensuivent alors tempête, séisme et feu mais le Seigneur n’est pas dans ses manifestations terrifiantes. Il est dans le seul bruissement d’un souffle ténu. Elie le perçoit et le Seigneur le réconforte, tout en lui établissant une feuille de route qui est en fait un passage de relais au profit d’un nouveau prophète, Elisée.
Mon parcours spirituel a commencé à l’adolescence par une découverte de la Bible, lue de façon épisodique et fragmentaire. En découlèrent les clichés convenus d’un Dieu maître du monde, autoritaire et férocement punitif à l’occasion, même à l’égard de son peuple élu. Au contraire de l’image toute de douceur et d’amour offerte par une lecture toute aussi incomplète du Nouveau Testament.
Mon entrée dans le protestantisme et l’écoute assidue de prédications ont heureusement secoué ces clichés et les enseignants de la faculté de théologie ont su libérer ma lecture de la Bible.
Reste qu’intimement, j’étais sensible à l’évidence de la foi de certains de mes nouveaux coreligionnaires, leur absence de doute et leur inépuisable énergie à mettre leur foi en pratique.
Des modèles quelque peu écrasants, qui soulignaient mes ignorances et mes faiblesses.
Je nourrissais en particulier une méfiance devant les récits de miracles, les manifestations spectaculaires de la puissance divine, prises au premier degré. Peut-être parce que dans
certains épisodes douloureux de ma vie, il n’y avait pas eu de miracle…
Alors, lorsque j’ai découvert ce gaillard d’Elie, athlète de Dieu, capable de nourrir une veuve et de ressusciter son fils mais tueur à l’occasion, et victime d’un « burn out » spirituel, j’ai vu un Dieu différent. Pas dans une puissance « à grand spectacle », mais dans la discrétion, pas dans le reproche mais dans l’écoute et l’accompagnement. Un Dieu patient, qui a su me répéter très doucement, tu n’es pas seul, je suis avec toi. Et je l’ai entendu.
Nos versets préférés déjà parus:
- « Dieu mon Sauveur a porté son regard sur son humble servante », Luc 1, 48
- « Les brancardiers du miracle de Capharnaüm », 1 Rois 19,12b
- « Ne jugez point, et vous ne serez point jugés ; ne condamnez point, et vous ne serez point condamnés ; pardonnez, et il vous sera pardonné ». Luc 6, 37
- « Maintenant donc, ces trois choses demeurent : la foi, l’espérance, l’amour, mais la plus grande de ces choses, c’est l’amour » (1 Co 13, 13)