par Charles NICOL , Eglise Protestante Unie de Loire-Atlantique

« 14 Jésus trouva un ânon, et s’assit dessus, selon ce qui est écrit : 15 Ne crains point, fille de Sion ; voici, ton roi vient, assis sur le petit d’une ânesse. « (Louis Segond)
Il vint un homme assis sur un âne, et la face du monde en fut changée.
Au risque de paraître un peu trop sensible, c’est assurément ces versets de Jean qui me touche le plus. J’ai toujours préféré le dimanche des rameaux au regard de la semaine qui suit.
Car ce jour-là, Jésus entre dans Jérusalem sur un ânon. Tu parles d’un roi ! En général, un monarque ou un conquérant caracole à califourchon sur un cheval martial et est escorté d’une garde soldatesque. Rien de tout cela avec Jésus. Il en est l’antithèse : il provenait de Nazareth, un trou perdu de Galilée et rien ne le destinait à entrer dans l’histoire. Imaginerait-on à l’époque, un être sans naissance royale, ou un chef de guerre qui ne mettrait pas par écrit l’essentiel de son enseignement ou de ses promulgations ? Qui ne se souvient du bonnet d’âne à l’école, traitant l’enfant de stupide s’il ne connaissait pas sa leçon. Quelle humiliation !
L’entrée de Jésus à Jérusalem précède de quelques jours le vendredi dont le vocable «saint » m’étonnera toujours tant il fait référence à la torture et à la mise à mort d’un homme. J’ai toujours préféré l’âne doux au pur-sang rayonnant. En portant le Christ, qui va perdre sa vie parce qu’il n’a pas voulu retenir les leçons des pharisiens, l’âne confirme la simplicité de Jésus.
Ce sont ses disciples et témoins qui vont traduire ses paroles et son ministère dans les Évangiles. Car après la nuit, le jour revient toujours. Et c’est le sens de la résurrection à Pâques annoncée par l’âne, cet ignorant dans la tradition populaire, qui porte le fardeau. Face à l’adversité, je rajoute aussi ce verset d’Esaïe qui s’applique à l’âne et qui me met en chemin : « Tu es précieux à mes yeux, n’aie pas peur car je suis avec toi ». (43, 4-5). C’est sans doute pour cela que j’aime l’âne, un doudou qui, ce jour-là, changea la face du monde.