Par Stéphane Griffiths, Église protestante unie de Poitiers
Quand je suis entré à l’école biblique, le pasteur m’a fait un cadeau que j’ai encore : une reproduction du jeune Samuel en prière. Il avait écrit derrière : « Parle, parle, Seigneur, ton serviteur écoute ! », avec la référence biblique, bien sûr. Maman l’a fait encadrer et il était toujours dans ma chambre au-dessus de mon lit.
Et puis, à l’école biblique, on chantait ce cantique dont la mélodie trotte toujours dans ma tête ; c’était dans le recueil Louange et Prière, n°193. Parle parle, Seigneur, ton serviteur écoute, devenu O parle-moi, Seigneur, n°22-04 dans le recueil Alléluia. Les paroles de Pierre Corneille (1658) ne me conviennent plus (« Je dis ton serviteur, car enfin je le suis »). J’ai voulu réécrire les paroles en me demandant ce que Dieu attendait de Samuel en l’appelant.
Parle parle, Seigneur
Parle parle, Seigneur, Ton serviteur écoute
J’entends ta voix qui dit, Viens suis-moi aujourd’hui
Je réponds je suis là, Je veux suivre ta route
Et les jours et les nuits
Remplis-moi de l’Esprit, Qu’il me fasse comprendre
Les gestes quotidiens, Qui te disent merci
Quand j’ouvrirai la Bible, Fais que toujours j’entende,
Les paroles de vie
Écoute-moi mon Dieu, Ton serviteur fidèle
À genoux devant toi, Te prie en vérité
Justice pour les pauvres, Réconfort aux plus faibles
Pour le monde la paix
Parle, parle Seigneur, Ton serviteur écoute
Partout j’annoncerai, Tes multiples bienfaits
Cette bonne nouvelle, Qui efface nos doutes
Nous rend la liberté
Alors, quand j’ouvre ma Bible, comme prière « d’illumination » (terme liturgique qui dit bien ce qu’il veut dire : allumer la lumière), je dis : « Parle, Seigneur, j’écoute. »
Je ne serai jamais le prophète qu’est devenu Samuel mais je sais que cette parole que j’entends, je ne dois pas la garder pour moi, je me dois de la partager. Et quand j’offre une bible (à un petit-enfant, à un filleul ou une filleule, à un.e ami.e), la première épigraphe qui me vient, c’est ce verset du premier livre de Samuel, en priant que l’Esprit vienne éclairer sa lecture.