La jeunesse, ce poil à gratter

ÉDITO – La jeunesse se fait entendre aujourd'hui. Et si on l'écoutait ?

Par Marielle Pfender, Protestant de l’Ouest

 

Jean / Unsplash

En ce mois d’octobre, le rose s’étale un peu partout, couleur de la campagne de sensibilisation au cancer du sein. Pourtant, tout n’est pas rose en ce moment, si l’on en juge par les lycéens qui, des outremers à la métropole, manifestent dans la rue pour faire entendre leur voix.

 

Laissés pour compte

 

Entre autres revendications, les lycéens réclament le remplacement des profs absents, la rénovation des établissements, l’allègement des classes et des emplois du temps : « On ne manifeste pas pour sécher les cours mais pour les sauver »,« Plus d’heures de trou que de cours » « 35° dans les classes, mais le problème, c’est le portable »… Laissons de côté les pancartes contre la répression policière ; ce n’est pas le sujet ici.

Cela fait en réalité des années que chefs d’établissements, médecins et psychologues scolaires, corps enseignant, parents d’élèves alertent sur la dégradation des conditions d’apprentissage des jeunes. Et que fait l’institution, à part imposer des réformes à tour de bras ? Elle mise sur le silence des élèves et le dévouement des enseignants que leur fameuse « vocation » cloue à leur poste. La jeunesse est-elle donc quantité négligeable, et l’éducation un domaine non-essentiel ?

Grâce à Octobre rose, on économise sur les soins en incitant à la prévention. Et l’on sait à quel point l’État manque de fonds. Mais faut-il pour autant économiser sur le dos de la jeunesse ? D’ailleurs, a-t-on jamais fait de la « prévention » éducative ? Bien sûr, il ne s’agit pas de mettre dos à dos santé et jeunesse. Les deux devraient bel et bien être traités à égalité, car tous les deux ont un impact sur l’avenir, sur les adultes et les seniors de demain.

 

Et dans l’Église ?

 

Qu’en est-il de cette jeunesse dans nos Églises ? Savons-nous nous mettre à son écoute ou économisons-nous, nous aussi, sur son dos ? « Que personne ne méprise ta jeunesse », dit Paul à Timothée (1 Timothée 4:12). Et pourtant, dans nos Églises aussi, il arrive que l’on ne comprenne pas les jeunes, leurs choix de vie, leurs goûts musicaux, leur façon de s’habiller, de parler, de revendiquer. Alors, le fossé se creuse entre l’ancienne génération, attachée à ses souvenirs et à ses traditions, et la nouvelle en quête de renouveau.

À l’heure du tout-écran et des réseaux sociaux, on s’aperçoit que les jeunes, loin d’être ramollis, refusent de se résigner devant ce qu’on leur présente comme inéluctable. « On nous dit de travailler pour demain. Écoutez-nous aujourd’hui ! », comme le dit l’un des slogans des manifestations. N’est-ce pas une bonne nouvelle ? À nous, Églises, de donner leur vraie place aux jeunes, de confronter nos opinions aux leurs afin de grandir ensemble, en communauté.

Alors, oui, tout n’est peut-être pas brillant en cet Octobre rose, mais la flamme de la jeunesse brille de tous ses feux. Allons là où sont les jeunes et, avec eux, préparons l’avenir !

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