La Banque alimentaire : focus sur la Charente-Maritime

ENTRAIDE - Comment se porte la Banque alimentaire à l'approche de la collecte nationale des 6-7-8 novembre ?

Bénévoles et salariés de la Banque alimentaire de Charente-Maritime (© BA17)

Par Jean-Pierre Perrot, vice-président de la banque alimentaire de Charente-Maritime, ancien président de l’Entraide protestante de La Rochelle

 

 

Les débuts : années 80

 

 

Le 13 mars 1984, une tribune est publiée dans le journal La Croix par Sœur Cécile Bigo : elle y dénonce le scandale de la pauvreté face au gaspillage alimentaire et lance un appel à l’action. Cette prise de parole est à l’origine du premier réseau d’accompagnement alimentaire en France, inspiré des Food Banks américaines. La Fédération d’Entraide protestante, le Secours catholique, l’Entraide d’Auteuil, Emmaüs et l’Armée du Salut fondent à Paris la première Banque alimentaire sous l’impulsion de Bernard Dandrel, alors responsable du Secours catholique à Paris.

 

Suivent d’autres dates importantes :

  • 23 septembre 1985 : fondation la Fédération Française des Banques alimentaires avec notamment la Fédération d’Entraide protestante comme membre permanent au Conseil d’administration national.
  • Décembre 1985 : organisation de la première collecte nationale.
  • 1986 : fondation de la Fédération européenne des Banques alimentaires entre la France, l’Allemagne, l’Italie, le Luxembourg, la Suisse et le Royaume-Uni.
  • 1987 : création du programme Européen d’Aide aux plus démunis permettant aux Banques alimentaires de bénéficier d’un approvisionnement en denrées à coût nul ou réduit qui deviendra le FEAD puis aujourd’hui le FSE (Fond de Solidarité Européen).

 

En Charente-Maritime, le constat sur la pauvreté et le gaspillage alimentaire est identique. Aussi, en 1987, grâce à l’action de l’Entraide protestante de La Rochelle, du Secours catholique et d’associations laïques, est créée la Banque alimentaire de Charente-Maritime. Son premier président est André Barraud, membre de l’Entraide protestante de La Rochelle.

 

 

La situation aujourd’hui

 

 

Aujourd’hui, la Banque alimentaire de Charente-Maritime collecte, stocke et distribue les produits avec la coopération des 73 partenaires répartis sur le département, dont l’Entraide protestante de La Rochelle. Ses apports proviennent :

  • de la ramasse quotidienne dans les grandes surfaces, en baisse de 40% en 10 ans,
  • des collectes annuelles alimentaires et de produits d’hygiène,
  • d’achats et d’échange avec les autres Banques alimentaires,
  • de produits fournis par l’Europe et de dons.

 

Outre la délivrance de produits alimentaires, elle assure depuis 5 ans une mise à disposition de produits d’hygiène après collecte annuelle, ainsi qu’une distribution alimentaire aux étudiants à faible revenu sur le campus de La Rochelle et isolés sur le département. Enfin, elle resserre le lien associatif avec des accompagnements par le biais de formations, et le développement de relations par son service « animation réseau ».

 

Longtemps membre du CA de la Banque alimentaire de Charente-Maritime, l’Entraide protestante de La Rochelle est un acteur majeur à La Rochelle avec des distributions ali­mentaires sur 4 sites ; elle envisage de participer au fonc­tionnement de l’épicerie étudiante de La Rochelle. Les maraîchers loca­taires du Domaine de L’Aubreçay, appartenant à l’Entraide, participent à l’approvisionnement de l’épicerie sociale du quartier de Mireuil.

L’Entraide est membre de la Coordination alimentaire de La Rochelle, ainsi que du Plan ali­mentaire de territoire, et propose des innovations en matière de politique alimentaire, comme, par exemple, la sécurité sociale de l’alimentation. 

 

 

De nombreux défis

 

 

Le nombre de bénéficiaires en Charente-Maritime est passé de 8 600 en 2019 à 18 000 en 2025 dans un contexte économique difficile avec baisse de subventions, baisse des apports due à une diminution de production agricole, effondrement des protéines animales à dispo­sition et au coût plus élevé, et enfin, un département pauvre en structures de maraîchage pratiquant une agriculture intensive.

Autres difficultés :

  • le site de Périgny est vieillissant et mal adapté ;
  • notre banque alimentaire est la seule de la région Nouvelle Aquitaine qui paye un loyer (80 000 € par an) ;
  • les installations frigorifiques vieillissantes, gour­mandes en frais de réparations, ne seront plus aux normes dans 5 ans ;
  • le bénévolat change de visage.

En réaction à ces difficultés, il a été créé une cellule de recherche de fonds. Parallèlement, un travail est mené sur le développement de la communication et sa modernisation par la création à venir d’épiceries sociales.

 

 

 

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LES 6-7-8 NOVEMBRE 2026

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