Dieu dans ma vie : « Cela m’oblige à devenir meilleur »

TÉMOIGNAGE – Jean-François Baudet a reçu un appel à travailler au sein de l'Église, un témoignage qu'il a partagé lors d'un culte à Nantes en juin 2026.

Quand le pasteur Pierrot Munch m’a demandé de prendre la parole ce matin, j’ai un peu paniqué. Ce n’est pas évident de parler de soi, surtout face à vous dans un culte. J’ajouterais même que ce n’est pas très protestant, mais si mon témoignage peut faire écho à certains, je vous le livre avec plaisir.

Depuis 5 ans, je travaille au service de notre Église. Je suis rattaché à la région Ouest qui couvre ¼ de la France, et j’interviens également sur la région parisienne et la région Nord-Normandie. Ma mission est triple : je suis responsable de la communication de la région Ouest, je gère les nouvelles installations audiovisuelles (sonorisation/régie vidéo/vidéoprojection/visioconférence), et je réalise des vidéos.

 

Comment ai-je vécu cet appel ?

 

Cela fut à la fois une évidence et un recadrage.

En effet, en 1978, j’avais 12 ans, ce fut la révélation : à la TV, j’ai vu un clip de Jean-Michel Jarre,

">Équinoxe. Il tournait des boutons dans tous les sens avec des appareils incroyables dotés de centaines de curseurs et des fils partout. Ma route était tracée, c’était ça que je voulais faire « quand je serais grand ». J’ai suivi mon idée en faisant une école d’audiovisuel, puis une école d’électronique et une école de communication. J’étais dans ma passion, dans mon talent.

C’est après que cela s’est gâté, car je suis entré dans le monde professionnel dans le commerce de l’informatique. J’ai fait une carrière durant 25 ans avec succès mais sans passion, sans flamme. En parallèle de mon travail, j’ai créé en 2012 une émission de radio chrétienne sur Radio Fidélité. J’ai programmé une dizaine de concerts chrétiens dans le temple de Nantes, regroupé une troupe d’artistes chrétiens et créé une petite tournée.

Printemps 2020, le COVID nous confinait tous à la maison, mais le seigneur a décidé de m’utiliser autrement, et j’ai transféré tout le matériel audiovisuel de mon entreprise devenu inutile au service de l’Église : les premiers cultes multi-caméras ont alors été diffusés. Ils se sont perfectionnés de semaine  en semaine.

En 2021, j’avais plus de 50 ans. L’Église m’a offert un cadeau incroyable : vivre dans mon talent et ma passion. J’ai eu l’impression que le Seigneur me disait : « Je t’ai offert ce talent, alors utilise-le pour moi. » Depuis, j’ai l’impression de ne plus travailler. Pourtant, je suis bien occupé et j’ai bien un salaire qui arrive tous les mois sur mon compte. Souvent, je commence mes prières par : « Merci, Seigneur, de la vie que tu me donnes. » Je suis extrêmement reconnaissant du changement dans ma vie.

 

Quel sens aujourd’hui ?

 

Le sens est surtout un bel enseignement que me donne, ou nous donne, le Seigneur. Je suis convaincu que nous sommes tous faits pour une mission dans notre monde. Si nous la trouvons, nous devenons harmonisés avec le Seigneur, avec notre foi et notre vie, alors tout devient simple, y compris – ce qui est paradoxal – les problèmes.

Je souhaite à chacun.e de trouver ce chemin et cette paix.

 

Quels en sont les fruits ?

 

Travailler pour l’Église, c’est par ailleurs très agréable, car la bienveillance entre chacun.e est la règle. Mais c’est également exigeant, car travailler pour le « boss » implique :

– professionnellement, de donner le meilleur de soi-même, d’innover pour améliorer notre Église (ex. : communication financière), tout en luttant parfois contre des courants conservateurs ; mais aussi d’intégrer la collaboration étroite avec des bénévoles (ils sont plus de 250.000 dans notre Église) qui possèdent leurs propres rythmes et contraintes ;

– humainement, d’être attentif à la « bonne attitude », de tenir sa langue, d’être dans l’attention à l’autre et au service sans condition. En résumé, cela m’oblige à devenir meilleur.

Mais mon poste repose sur un financement précaire et limité dans le temps, trois ans au départ, puis une année supplémentaire a été trouvée en 2024, et, bonne nouvelle, depuis une semaine mon poste est refinancé pour trois ans. Visiblement, le Seigneur tient à me garder pour son Église.

 

Je finirai par un petit clin d’œil. Comme m’a fait remarquer mon épouse : « Depuis que tu travailles pour l’Église, tu as arrêté de te ronger les ongles », et cela,  sans que je m’en aperçoive. J’ai donc implicitement arrêté de me tourmenter pour ma vie. Je fais confiance à Dieu car je sais qu’il ne me veut que du bien. Ainsi, le jour où vous vous couperez les ongles, pensez que Dieu est dans votre vie. 😊

 

 

 

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