À Blois
Par la pasteure Marie Pajot
S’il fallait résumer notre vécu de cet été à Blois en une phrase, ce serait probablement : des personnes entrent… parce que la porte est ouverte ! Cela paraît presque trop simple, et pourtant c’est bien ce qui m’a frappée en tant que pasteure. À Blois, beaucoup passent devant le temple sans vraiment savoir ce qu’il y a derrière la porte. Cet été, certains l’ont poussée. Des touristes, des gens de passage, mais aussi des Blésois qui connaissaient le bâtiment de vue depuis des années sans jamais être entrés. Et très vite, on s’aperçoit que la visite du temple n’est souvent qu’un prétexte — ou plutôt un point de départ.
On a commencé par parler du bâtiment, de son histoire, du protestantisme à Blois. Mais très vite j’ai eu d’autres questions : « Mais au fond, quelle différence avec les catholiques ? », « Qu’est-ce qui se passe ici le dimanche ? », « Pourquoi n’y a-t-il pas de statues ? », « Est-ce qu’on peut venir au culte si on n’est pas protestant ? » (Hélène, catholique), etc.
Et quelquefois, presque sans prévenir, la conversation change de registre. On parle d’une grand-mère protestante, d’une Bible restée dans la famille, d’un souvenir d’enfance, d’une foi laissée de côté depuis longtemps. Ou simplement d’une question que quelqu’un avait envie de poser mais ne savait pas vraiment à qui.
J’ai le sentiment que cela m’a fait aussi du bien d’accueillir. Ouvrir un temple, ce n’est pas seulement rendre un bâtiment accessible. C’est rendre possible une conversation, et les questions des visiteurs m’ont renvoyée aux miennes : « Qu’est-ce que nous voulons donner à voir de notre Église ? Comment raconter simplement ce que nous croyons ? » Et surtout : « Sommes-nous suffisamment attentifs à tous ceux qui passent devant nos temples sans imaginer qu’ils pourraient y entrer ? » (des paroissiens de l’équipe accueil).
Au fond, cet été a rappelé quelque chose d’assez basique : nous cherchons parfois beaucoup de moyens pour aller à la rencontre de ceux qui sont « dehors ». Il suffit peut-être aussi, de temps en temps, de commencer par laisser la porte ouverte. Parce que, vraiment, des personnes entrent… parce que la porte est ouverte !