
par Marie-Anne Chenerie, Eglise protestante unie de Touraine
Histoire et architecture insolites pour ce temple, qui en expliquent les curiosités : construit à la fin du XVII è siècle, le bâtiment est la chapelle d’une congrégation religieuse, les Filles de l’Union Chrétienne. Fondée en 1676 par l’un des chanoines du Chapitre de Tours, cette communauté comprend une vingtaine de religieuses, les Dames de l’Union Chrétienne, veuves et demoiselles éduquées dans la religion réformée et nouvellement converties. La démarche de cette communauté consistait à « tirer les femmes de l’hérésie de la secte calvinienne ». Cette congrégation, très active au lendemain de la révocation de l’Édit de Nantes, est dissoute en 1790.
Après la Révolution, contrairement aux autres biens nationaux, la chapelle n’est pas vendue mais utilisée par l’administration, utilisée comme orangerie et pensionnat de garçons ; puis la chapelle est acquise en 1804 par un noble tourangeau et devient ensuite propriété de Monsieur de Vildé.
En 1844, la chapelle est achetée par la communauté protestante réformée de Tours.
Ainsi s’expliquent les caractéristiques du bâtiment : édifice de style jésuite, la façade prend modèle sur la façade de l’église du Saint-Nom-de-Jésus à Rome. L’art jésuite est le mouvement esthétique lié à la contre-réforme catholique, et la façade du temple de Tours, avec son fronton, son oculus, ses frises et volutes latérales, est le seul exemple de cette architecture jésuite à Tours ; de la même façon, subsistent à l’intérieur quelques traces de l’architecture et de l’organisation d’une chapelle catholique.
Autre curiosité : l’orgue Mahler, inauguré en 2007. Le facteur Rémy a réalisé une œuvre à la fois moderne, personnelle et originale, dont les visages, dessinés sur les tuyaux d’orgue, rappellent les instruments construits au XVIIè siècle en Allemagne, comme à Lübeck. Orgue très utilisé et apprécié lors de nombreux concerts et répétitions.