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L’EGLISE D’ANGLETERRE A TRAVERS SON HISTOIRE 4. Le 19e siècle
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Le renouveau de l’Eglise
par Robert Gill, Eglise protestante unie de Saintes-Cœur de Saintonge
En 1828, l’Etat permet aux dissidents d’exercer de nouveau des fonctions officielles ; il en fait de même l’année suivante pour les catholiques. Cette dernière mesure vise sans doute le maintien de l’ordre en Irlande, à l’époque intégrée dans sa totalité au Royaume-Uni, et qui compte une majorité de catholiques. Autrement dit, l’Etat renonce à imposer la vérité chrétienne telle qu’elle trouve son expression dans l’Eglise d’Angleterre. L’Eglise devient, à partir de ce moment, partiellement séparée de l’Etat. Toutefois, de nos jours encore :
– le monarque est le gouverneur suprême de l’Eglise
– 26 évêques anglicans siègent à la Chambre des Lords au Parlement
– les mariages royaux, les couronnements, les funérailles nationales, etc. se tiennent toujours dans une Eglise anglicane comme l’abbaye de Westminster et la cathédrale Saint-Paul
– le clergé local peut toujours agir en tant qu’officier de l’état civil lors des mariages.
A partir de 1824, l’Eglise n’est plus subventionnée par l’Etat. L’Etat devient progressivement séculier, à l’exception de l’éducation religieuse.
Une crainte se fait jour chez certains membres du clergé : que l’Eglise d’Angleterre se sépare complètement de l’Etat et perde certaines sources de revenus. Cette crainte suscite en partie le « mouvement d’Oxford » qui est à l’origine du phénomène de l’anglo-catholicisme. Les tenants de ce mouvement appellent l’Eglise à redécouvrir la doctrine et la liturgie de l’Eglise ancienne.
L’une des figures clés du mouvement est John Henry Newman, qui affirme que les doctrines de l’Eglise catholique sont compatibles avec les 39 articles de l’Eglise d’Angleterre (cf. L’Eglise d’Angleterre à travers son histoire 1. Le 16e siècle). Pour lui, l’Eglise d’Angleterre se trouve à mi-chemin entre le catholicisme et le protestantisme. Il considère que l’évangélisme porte trop l’accent sur la Bible, en niant le rôle de
l’Eglise comme interprète de la Parole ; et que le catholicisme insiste trop sur l’autorité de la hiérarchie de l’Eglise catholique. Mais, peu à peu, Newman se convainc que c’est l’Eglise d’Angleterre et non pas Rome qui a perdu l’esprit du christianisme primitif. Il est reçu prêtre dans l’Eglise catholique. Considéré comme l’un des plus importants théologiens du 19e siècle, il est ensuite promu cardinal.
Malgré le départ de quelques dirigeants du mouvement d’Oxford vers l’Eglise catholique, son influence perdure avec une tendance au ritualisme, un revivalisme gothique, l’accent sur les vêtements sacerdotaux et la création des chœurs d’Eglise qui chantent pour le peuple, plutôt que de chanter la musique du peuple.
On peut dire que vers le milieu du 19e siècle, l’Eglise d’Angleterre est devenue une Eglise hybride où on trouve à la fois : les évangéliques, les adhérents de la High Church (la Haute Eglise), les anglo-catholiques, ainsi que les libéraux qui se donnent pour mission de réinterpréter la foi traditionnelle pour l’ère contemporaine, tenant en cela compte des avancées scientifiques et des recherches de Darwin sur l’évolution des espèces.

Pendant ce même siècle, l’Angleterre, comme beaucoup de pays en Europe occidentale, connaît une renaissance dans la pratique religieuse. Jusqu’en 1860, le nombre de fidèles assistant régulièrement aux offices suit l’augmentation de la population ; ce nombre augmente dans l’absolu jusqu’en 1930. Au cours du 19e siècle, beaucoup d’églises anglicanes sont construites ou restaurées, plus ou moins bien.
Abbaye de Westminster
L’Eglise d’Angleterre à travers son histoire 1. Le 16e siècle
L’ÉGLISE D’ANGLETERRE À TRAVERS SON HISTOIRE 2- le 17e siècle
L’EGLISE D’ANGLETERRE à TRAVERS SON HISTOIRE 3. Le 18e siècle