“Promis le ciel” – Le film qui m’a plu

« Promis le Ciel », un film de Erige Sehiri

Suffit-il de promettre le ciel ?

 

Par Vanessa Choquet-Dissake, Eglise protestante unie d’Angers-Cholet 

 

« Le ciel est sur terre » nous dit Dietrich Bonhoeffer. S’il a raison, alors nos promesses de ciel ne valent que si elles se traduisent par de l’hospitalité, de l’écoute et des choix courageux ici-bas. 

 

C’est la réflexion que m’inspire Promis le Ciel, le film de la réalisatrice Erige Sehiri, qui nous donne à voir des vies de femmes marquées par l’exil et la précarité, le racisme et le rejet ; des femmes en quête d’un avenir meilleur ici, sur cette terre, aujourd’hui et maintenant.

 

Dans Promis le Ciel, on découvre Marie, pasteure ivoirienne, installée à Tunis depuis dix ans. Elle héberge Naney et Jolie, deux jeunes femmes africaines, venues en Tunisie avec des rêves d’une vie meilleure. L’une est étudiante et l’autre vit de petits trafics en espérant financer sa traversée de la Méditerranée. Ces femmes recueillent Kenza, quatre ans, rescapée d’un naufrage. 

 

Promis le Ciel est puissant parce qu’il choisit son point de vue. Ce sont des femmes noires qui portent l’histoire. Elles ne sont pas un décor, pas l’ombre portée d’histoires racontées par d’autres, mais le centre du récit. Trois femmes et une enfant sauvée des eaux. Face à ces vies heurtées, suffit-il de promettre le ciel ? 

 

Dietrich Bonhoeffer, théologien luthérien, nous rappelle que le chrétien n’est pas appelé à fuir le monde mais à découvrir que « le ciel est sur terre ». Le pasteur Yves Noyer, spécialiste de Dietrich Bonhoeffer, propose de redécouvrir sa pensée ; notamment autour du thème : « Dire Dieu dans un monde sans Dieu ». Cette réflexion vient prolonger la question qui traverse le film comme notre actualité : comment parler du ciel sans fuir la terre et comment dire Dieu au cœur d’un monde qui semble parfois l’ignorer ? 

 

Dieu ne nous tire pas hors du monde. Il descend l’habiter avec nous. La foi n’est pas une évasion, c’est une plongée pour habiter le réel différemment. Alors, osons être audacieux, desserrons, là où nous sommes, un peu de ce ciel que Dieu a déjà commencé à offrir à qui sait regarder. 

 

Contact