« Croire, qu’est-ce que ça change ? », de Marion Muller-Collard

Ce petit livre très accessible et dynamisant nous est présenté par le pasteur Nicolas Geoffroy.

Par le pasteur Nicolas Geoffroy, Eglise protestante unie de Melle-Celles sur Belle

Croire, est-ce que ça nous change ?
Cette question nous devons nous la poser. Qu’est-ce que croire ? Et avant même de donner un contenu à croire, qu’est-ce que croire « tout court » ?
Croire, c’est avoir une qualité du savoir-croire améliorée. C’est apprendre à distinguer «croire » et « savoir ». Le croire et le savoir peuvent être deux solides compagnons dans nos vies. Tandis que savoir conduit à pouvoir aider, croire, c’est faire confiance ; c’est avoir cet a priori de bienveillance et accepter que l’autre sache parfois mieux que nous.

 

Mais croire et savoir doivent accepter le doute comme troisième compagnon
Croire sans douter, conduit au fanatisme. Savoir sans accepter le doute, conduit à s’arrêter de réfléchir, et donc d’avancer. Croire, c’est toujours être dans la sincérité, c’est aussi chercher, avec humilité, une cohérence face au chaos de nos pensées, mais sans tomber dans la certitude. La certitude est une pente dangereuse qui peut conduire au fanatisme.

 

Mais « croire », c’est aussi ne pas croire !
En ce qui nous concerne, et pour commencer à donner un contenu à ce verbe : croire en Dieu-Père, en Jésus, mort et ressuscité, et au Saint Esprit, c’est ne pas croire à l’absurdité de la vie, c’est ne pas croire que la violence, la souffrance et la mort auront le dernier mot, c’est aussi ne pas croire que nous sommes seuls. Croire, c’est réserver un espace dans son cœur pour l’Inconnu, comme autrefois on réservait une place pour un inconnu à sa table. Il y a de l’inconnu, en moi, en l’autre, dans le monde, un inconnu que l’on peut nommer Dieu. C’est ce que l’apôtre Paul a bien compris lorsqu’il s’est adressé aux Athéniens (Actes 17, v 22) en leur disant que leur dieu-inconnu était le Dieu d’Abraham et de Jésus-Christ. Et nous ne pouvons en connaître que ce qu’il accepte de nous révéler ; nous pouvons nous approcher de lui en disant qu’il est Père, qu’il est Eternel ou qu’il est amour, mais il reste en partie au moins, l’Inconnu de nos vies. Croire en Dieu, c’est garder avec lucidité, trois espaces en soi. Un espace pour le courage, un espace de sincérité, un espace de liberté. A nous, protestants, de continuer de croire.

 

« Croire, qu’est-ce que ça change ? », Marion Muller-Collard, édition Labor et Fides, 2025, 10€.

 

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