Prier avec Jésus dans sa Passion

Quelques propositions pour vivre des moments liturgiques, cultuels ou méditatifs

par Caroline Schrumpf, pasteure de l’Eglise protestante unie de Laval et la Mayenne

 

La Semaine de la Passion qui conduit jusqu’à Pâques est un moment privilégié où nous pouvons revisiter, de manière personnelle, mais aussi en Eglise, le cheminement de Jésus qui se donne pour le salut du monde.

Voici quelques propositions pour vivre des moments liturgiques, cultuels ou méditatifs et donner du sens à ces journées.

 

Halte ou pause spirituelle 
Ouvrir le temple au public en milieu de journée pendant une ou deux heures, aménager le lieu pour favoriser la prière silencieuse et personnelle (tapis, coussins ou bancs de prière, des Bibles et quelques textes à disposition avec des prières courtes et accessibles, une Bible ouverte et des fleurs sur la table). Proposer une courte liturgie de 15 à 30 minutes au milieu de la halte, avec lectures bibliques, musique instrumentale, prière, bénédiction.

 

Autre option : une pause spirituelle et musicale avec un format simple : un court temps de prière (15 à 20 minutes) préparé et animé par le pasteur ou un prédicateur, suivi d’un moment musical (20 à 40 minutes) animé par un ou plusieurs musiciens de la paroisse ou amis.

L’idée est d’ouvrir le temple sur la ville, à tous et chacun, croyant ou non, protestant ou non. Et d’associer la prière, les textes de la Bible, avec la musique qui permet aussi de prier, de se tourner vers Dieu, par le cœur et l’esprit. Chacun étant libre d’entrer et de ressortir quand il le souhaite.

Donc un moment très ouvert et libre, ni un concert, ni une célébration, mais un temps de respiration offert au passant comme au paroissien.

 

 

Parcours méditatif de prière
Ouvrir le temple au public à des horaires pertinents pour le lieu (milieu de journée, fin de journée, après-midi) et aménager un parcours à la fois physique et spirituel. Pour communiquer vis à vis de l’extérieur de l’Eglise, il peut être judicieux d’installer une grande bannière sur la façade du temple ou un kakémono qui attire l’attention des passants.
Ce parcours est inspiré d’un parcours réalisé en 2009 par les églises de Lyon pour le Grand Kiff, intitulé le Voyage de la foi, et d’un parcours similaire proposé par l’association Alpha pour les jeunes. Il s’inspire aussi de la tradition chrétienne ancienne des labyrinthes, des chemins de croix, et des animations de type « Thomasmesse » (associer une méditation biblique et des gestes ou actions symboliques). A Nantes, nous avIons fait le choix d’appeler ce parcours « Parcours méditatif spirituel et individuel » pour intéresser ceux de nos contemporains qui ont soif de démarches « spirituelles » plus que religieuses. Le contenu du parcours est clairement chrétien.
Le parcours peut être dessiné au sol avec une ligne de ruban adhésif genre Chatterton qui marque le cheminement à suivre ou simplement manifesté par des flèches ou panneaux. Ce qui est très important est de mettre en place un parcours qui soit esthétique, beau, accueillant.

 

Tout au long du parcours sont installées des « stations » qui sont les étapes du cheminement proposé. A chaque station, une table et/ou un panneau, 2 chaises ou coussins, tapis ou tenture, et quelques objets symboliques pour la démarche ou le geste proposés. Également une grande affiche, avec une parole biblique, quelques questions et l’explication de la démarche. Un fond musical instrumental peut aussi accompagner le parcours. Dans le parcours, chaque étape est libre, chacun peut rester le temps nécessaire ou passer.
Les stations : Moi-même, les autres, les fardeaux, les rameaux, les clous, la purification, la liberté, la croix.

 

Jeudi Saint – Seder messianique

Le Seder est le repas cérémonial de la Pâque juive, Pessah, qui comprend la lecture de textes bibliques, des prières, la consommation de 4 coupes de vin et d’aliments spéciaux, et des chants. Les aliments sont présentés sur un plateau richement décoré : la matsa (pain sans levain), le zeroa (os), l’œuf dur, les herbes amères (raifort ou endive), la harosset (mélange de pommes râpées, dattes, noix et vin) qui figure le mortier, et le légume karpas (persil) que l’on mange trempé dans l’eau salée qui symbolise les larmes.

Le dernier repas de Jésus avec ses disciples, à la veille de sa passion, était sans doute le Seder de Pessah. A sa suite, nous pouvons nous aussi célébrer ce repas liturgique, puisqu’il évoque ce que Dieu a fait pour son peuple en le libérant d’Egypte et ce qu’il a fait pour nous en nous libérant par la croix. Le Seder messianique s’inscrit dans la tradition juive et dans la nouvelle alliance en Christ.
Le déroulement se suit sur des livrets donnés aux participants. Ensemble, tous mangent, proclament, prient et chantent la délivrance donnée par Dieu en Christ.

Jeudi Saint – Le lavement des mains

Cette proposition liturgique pour un culte de jeudi saint s’inspire du récit du lavement des pieds par Jésus à la veille de sa passion, telle que le raconte l’Evangile de Jean (chapitre 13). A l’époque du Christ, l’accueil des hôtes se faisait souvent par ce geste à la fois hygiénique et symbolique. Il était en général accompli par l’esclave ou le serviteur le plus humble de la maisonnée. Aujourd’hui, nos pieds sont bien à l’abri dans nos chaussures et ne sont plus souillés par la poussière et la saleté des routes. Ce sont nos mains qui sont notre « zone de contact » avec le monde extérieur : poignées de porte, barres de sécurité dans les transports en commun, poignée de main, manipulation de l’argent… pensons à tout ce qui a été mis en place à la suite du Covid pour éviter au maximum ces contacts.
Pour ce culte de jeudi saint, la liturgie invite les participants, à la suite du Christ, à faire ce geste de l’humble service : chacun à tour de rôle, lave les mains de son voisin.

 

Vendredi Saint – Le Clou

Le clou est une célébration complète de Vendredi saint, largement inspirée d’une liturgie anglicane contemporaine, élaborée par Stephen Cottrell, archevêque de York. Elle tente de répondre à cette question : qui a tué le Christ ? Qui est responsable de sa mort ?

 

Les différentes lectures bibliques du Vendredi saint sont complétées par une brève narration sous la forme du témoignage d’un des témoins clés de la crucifixion, et une courte prière.
Pierre, le centurion romain, Pilate, Caïphe le grand prêtre, Judas, Marie-Madeleine, chacun médite sa part de responsabilité dans la crucifixion de Jésus. Cette célébration permet d’associer plusieurs lecteurs pour les témoignages. Sur la table de sainte cène ou par terre, une grande poutre de bois est déposée, portant plusieurs clous. Un gros clou est posé devant. A chaque témoignage, le lecteur prend le clou dans sa main.

 

La célébration se termine par la distribution à chaque participant d’un grand clou de 4 ou 5 cm de long, que tous peuvent emporter avec eux.
Des moments de silence entrecoupent les lectures et permettent la prière.

 

Toutes les informations détaillées et liturgies sont disponibles auprès de Caroline Schrumpf.
caroline.schrumpf@gmail.com

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