Des musiques à écouter en décembre

MUSIQUE CLASSIQUE

Lamenti & Sospiri

Sigismondo d’India. Mariana Flores, Julie Roset, sopranos ; Cappella Mediterranea ; dir. Leonardo García Alarcón. Ricercar 429 – 2021.

Alors que dans l’Allemagne luthérienne la musique sacrée prend son essor autour du choral, avec des compositeurs comme Praetorius, en Italie c’est dans le contexte de la poésie profane que germera une nouvelle musique vocale, le madrigal.

Dans cette période charnière entre la Renaissance et l’époque baroque, la musique veut illustrer toutes les subtilités des affects du texte poétique. Sigismondo d’India (1580-1629) est l’un des pionniers de cet art de la peinture du mot en musique, hérité de Gesualdo et magnifié par Monteverdi.

Ce sublime double CD nous emmène dans l’univers du madrigal à une et deux voix de ce compositeur génial. Mariana Flores et Julie Roset sont les interprètes extraordinaires de ces lamentations et soupirs d’amants blessés. Leurs voix sensibles, d’une grande souplesse et d’une diction parfaite, soulignent chaque intention dramatique du texte musical. Le choix des instruments de la basse continue (harpe, guitare, théorbe, archiluth, orgue) proposé par L. G. Alarcón contribue à l’intense expressivité de cet enregistrement.

Béatrice Verry


CHANSON FRANÇAISE

Brassens par Combas

Robert Combas chante Sète et Georges Brassens. Loubatières Éd.

Pour le 40e anniversaire de la mort de Georges Brassens et le centenaire de sa naissance, les commerçants de la culture ne savaient que faire puisque nous avons déjà tout – les chansons et les livres qui les expliquent. Mais voici que survient une surprise : un autre Sétois turbulent décore un spectaculaire coffret de vinyles à tirage limité, toutes les pochettes intérieures et extérieures de dix 33 tours étant signées de Robert Combas, chef de file de la figuration libre. Portraits du bon maître et tableaux inspirés de ses plus célèbres chansons, un festin pour l’œil et les zygomatiques, que l’on prolonge par l’exposition des tableaux originaux au Musée Paul Valéry de Sète jusqu’au 31 décembre.

Bertrand Dicale