Portrait d’un homme ordinaire que la mort a sorti du lot

ROMAN

Milwaukee blues, Louis-Philippe d’Alemberg, Sabine Wespieser éditeur, 2021, 288 p., 21 €

L’auteur est haïtien et il connaît bien les États-Unis. Il a vécu à Milwaukee où se déroule ce roman. Il brode une galerie de portraits autour d’un joueur de football, Emmett Till, à la carrière brisée, qui connaît la même fin que Georges Floyd avec l’accélération du mouvement Black lives matters (en français : Les vies des noirs comptent). Tout cela est orchestré par Ma Robinson, pasteure d’une Église évangélique d’un quartier pauvre de la ville dont le temple reste le dernier refuge d’une population « de couleur » sans espoir immédiat. Les derniers mots du dernier chapitre nous laissent sur une folle espérance, celle d’une société sans étiquette, où il n’y a plus ni Juif, ni grec, ni blanc, ni noir…
Le titre du livre nous balade dans un univers musical bien américain et bigarré : blues, gospel, folk, reggae, etc.
« Dans lAmérique des Yankees, la rose des vents a son pétale sud éclaboussé de sang ». Nicolas Guillen. Élégie citée dans la prédication de Ma lors des obsèques d’Emmett Till.

Stéphane Griffiths