L’hymne au Christ

Au moment où nous fêtons les Rameaux, nos listes de lectures bibliques nous renvoient au très bel hymne de Philippiens 2.6-11.

 

Philippiens 2.6-11

 

 

Par Stéphane Griffiths, Église protestante unie de Poitiers

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Les premiers chrétiens chantaient de nombreux cantiques dans leurs assemblés, hymnes de louange comme ceux qui étaient entonnés au temple avec les psaumes. Le Nouveau Testament cite de nombreux hymnes dont Philippiens 2 mais aussi, par exemple, Colossiens 1.12-20, Éphésiens 5.14, 1 Timothée 3.16, 2 Timothée 2.11, etc.

 

Un langage poétique

 

Des exégètes nous disent que l’histoire de « l’Hymne au Christ » ne commence pas avec son inclusion par Paul dans sa lettre aux Philippiens. Il s’agirait d’un chant liturgique que Paul décide d’inclure dans sa lettre. En adoptant une méthode historico-critique et en cherchant à comprendre et à expliquer l’intégration de l’hymne christique dans la lettre aux Philippiens, certains considèrent que c’est un hymne païen, réécrit par Paul, d’autres montrent qu’il est à l’origine écrit à propos du Christ. Tous admettent que l’hymne aux Philippiens 2.6-11 est antérieur à la lettre aux Philippiens proprement dite.

 

Élian Cuvellier à la suite d’autres théologiens parle de Théopoétique. Paul pour faire connaître le contenu essentiel de la foi en Jésus-Christ annoncée et transmise aux non croyants par les premiers chrétiens : Jésus est le Seigneur !  va utiliser le langage poétique. « Né de la parole, le poème débouche sur quelque chose qui le dépasse ». En insérant dans son texte un poème, Paul vise un sens plus profond que la simple exhortation éthique. Il cherche à faire ressentir de l’intérieur, des « tripes » de ses lecteurs ou auditeurs, la seigneurie du Christ.

 

Une foi vécue de l’intérieur

 

Quand un auteur-compositeur publie un cantique nouveau, il propose au chœur des croyants de faire l’expérience d’une foi vécue de l’intérieur qui lui permet de faire monter vers Dieu des poèmes, des mélodies, des harmonies semblables aux odeurs des sacrifices de l’ancienne alliance.

 

« Saisi dans le registre de la théopoétique, l’hymne traite de ce qui relève de la catégorie de « l’événement », l’événement n’étant pas ce qui arrive, mais ce qui se passe dans ce qui arrive » (Élian Cuvillier).

 

Au moment où Paul écrit aux Philippiens, l’évangile de Marc n’existe pas en tant que tel. Les faits sont rapportés oralement, des bribes de texte circulent et Paul a donc connaissance de l’épisode des Rameaux (Marc 11.1-10). Sans le raconter, il en reprend l’essentiel. Jésus, vrai homme et vrai Dieu. Dieu qui se révèle en Jésus le Christ, son humilité jusqu’à la croix.

 

Pour conclure, je vous confie mon interprétation chantée de l’Hymne.

 

 

 

 À retrouver sur Notes bibliques et prédication.

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