La parole est à vous, cher lecteur, envoyez-nous à votre tour, votre « verset préféré ».
Un article du Protestant de l’Ouest, par Catherine Chaumier, Eglise Protestante Unie de Touraine

Adolescente, tandis que s’achevaient les années 70 dans un monde bouillonnant de contestations en tous genres, d’autorités déchues et d’espérances pures, les paroles d’enseignement de Jésus transmises par Luc dans son chapitre 6 venaient et revenaient me bousculer. J’y lisais l’audace d’ un renversement du monde qui coïncidait parfaitement avec l’esprit de renouveau et de remise en cause généralisée de ces années-là. Marcher à rebours, oser, voilà ce que Jésus me proposait.
Dans ce chapitre et cette inversion des conditions qu’annonçaient les Béatitudes, tout me semblait judicieusement subversif. Aimer ses ennemis. Faire des derniers les premiers. Quels défis !!! Et puis ne pas juger, ne pas condamner ? Quelles incroyables propositions ! Nul doute que ma nature adolescente et exaltée d’alors puisait dans la beauté exigeante de ces actions « contre nature » de quoi nourrir mon goût juvénile d’absolu. J’éprouvais alors un appétit de pureté et de bonté qui, si j’avais pu ou su y regarder de plus près m’aurait fait déceler tout l’orgueil qui pouvait se nicher dans mes motivations. Être radicalement meilleure que tous ! La parole de Jésus, je la brandissais alors comme un diamant qui tranche. Et puis le temps et la vie se sont chargés de me faire entendre avec plus d’humilité ce verset qui, au fil du temps, n’a cessé de résonner en moi quand des situations ou des évènements m’indignaient. Les mots de Jésus tenaient ma colère en respect. Cette parole érigeait des digues d’amour entre mes passions justicières et les réalités de l’Autre. Qui étais-je donc pour juger ?
Constamment, la tentation de la supériorité et du jugement se présentent. Mais le souffle présent dans ce verset m’accompagne dans ma lutte sans relâche pour ne pas y céder. Condamner est pourtant devenu si simple. Sur la place publique devenue numérique, la condamnation est plus aisée que jamais et s’exerce tous azimuts. Il se déverse sur les réseaux sociaux des flux continus de jugements et de haines en tous genres. Dans ce contexte de houle et d’affrontements, l’enseignement de Jésus semble plus que jamais vivant et nécessaire. Dans ce verset de Luc, il n’est pas question de morale ou d’une sorte de guide du bon comportement mais d’ un amour que seul Jésus et sa parole peuvent nous inspirer par sa miséricorde.
Un monde neuf où l’amour désintéressé ne cherche pas la réciprocité mais plutôt l’imitation de la miséricorde de Dieu.
Nos versets préférés déjà parus:
- « Dieu mon Sauveur a porté son regard sur son humble servante », Luc 1, 48