MON VERSET PRÉFÉRÉ

"Ne jugez point, et vous ne serez point jugés ; ne condamnez point, et vous ne serez point condamnés ; pardonnez, et il vous sera pardonné". Luc 6, 37

La parole est à vous, cher lecteur, envoyez-nous à votre tour, votre « verset préféré ».

 

Un article du Protestant de l’Ouest, par Catherine Chaumier, Eglise Protestante Unie de Touraine

 

 

Adolescente, tandis que s’achevaient les années 70  dans un monde bouillonnant de contestations en tous genres, d’autorités déchues et d’espérances pures,  les paroles d’enseignement de Jésus transmises par Luc dans son chapitre 6 venaient et revenaient me bousculer. J’y lisais l’audace d’ un renversement du monde qui coïncidait parfaitement avec l’esprit de renouveau et de remise en cause généralisée de ces années-là. Marcher à rebours, oser, voilà ce que Jésus me proposait.

 

Dans ce chapitre et  cette inversion des conditions qu’annonçaient les Béatitudes, tout me semblait judicieusement subversif. Aimer ses ennemis. Faire des derniers les premiers.  Quels défis !!! Et puis  ne pas juger, ne pas condamner ? Quelles incroyables propositions !  Nul doute que ma nature adolescente et exaltée d’alors puisait dans  la beauté exigeante de ces actions « contre nature » de quoi nourrir   mon goût juvénile d’absolu.  J’éprouvais alors un appétit de pureté et de bonté qui, si j’avais pu ou su y regarder de plus près m’aurait fait déceler tout l’orgueil qui pouvait se nicher dans mes motivations. Être radicalement meilleure que tous !  La parole de Jésus, je la brandissais alors comme un diamant qui tranche.  Et puis le temps et  la vie se sont chargés de me faire entendre avec plus d’humilité ce verset  qui,  au fil du temps, n’a cessé de résonner en  moi quand des situations ou des évènements m’indignaient. Les mots de Jésus tenaient ma colère en respect. Cette parole érigeait des digues d’amour  entre mes passions justicières et les réalités de l’Autre. Qui étais-je donc pour juger ?

 

Constamment, la tentation de la supériorité et du jugement se présentent. Mais le souffle présent dans ce verset m’accompagne dans ma  lutte sans relâche pour ne pas y céder. Condamner est pourtant devenu si simple.  Sur  la place publique devenue  numérique, la condamnation  est plus aisée que jamais et s’exerce  tous azimuts. Il se déverse sur les réseaux sociaux des flux continus de jugements et de haines en tous genres. Dans ce contexte de houle et d’affrontements,  l’enseignement de Jésus semble plus que jamais vivant et nécessaire. Dans ce verset de Luc, il n’est pas question de morale ou d’une sorte  de guide du bon comportement  mais d’ un amour que  seul Jésus et sa parole peuvent nous inspirer par sa miséricorde. 

 

Un monde neuf où l’amour désintéressé  ne cherche pas la réciprocité mais plutôt l’imitation de la miséricorde de Dieu. 

 

Nos versets préférés déjà parus:

  • « Dieu mon Sauveur a porté son regard sur son humble servante », Luc 1, 48

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