L’Église d’Angleterre aujourd’hui – 1ère partie

Ses liens avec le système éducatif et la gouvernance du pays.

par Rob Gill, Eglise protestante unie de Saintes-Cœur de Saintonge

 

Une première série d’articles proposait un aperçu de l’histoire de l’Eglise d’Angleterre. Cette deuxième série traite de la situation actuelle de cette Eglise.

 

L’éducation
L’Angleterre n’est pas un pays laïc comme la France. Il y a par exemple des liens très étroits entre l’état et l’église d’Angleterre par rapport à l’éducation.
Un quart des écoles primaires et 6% des établissements d’enseignement secondaire sont plus ou moins dirigées par des membres de l’église d’Angleterre, avec un million d’élèves. La plupart de ces
établissements sont majoritairement financées par l’état mais l’esprit de chacun est explicitement chrétien. L’enseignement religieux fait partie du programme scolaire et l’office quotidien se fonde sur la tradition anglicane.
Selon la loi anglaise tous les élèves d’un établissement scolaire qui n’est pas affilié à une autre religion que le christianisme sont censés participer à un office de caractère chrétien au moins 51 jours sur 100. Mais les parents peuvent dispenser leur enfant de participer à ces offices. De fait, la plupart des établissements scolaires ne sont pas en conformité avec la loi, mais il n’y a pas d’inspection qui les obligerait à obéir. Les gouvernements britanniques successifs n’ont pas voulu résoudre cet écart entre la loi et la pratique.

 

L’Eglise et la gouvernance du pays
Le monarque est le chef suprême de l’Eglise d’Angleterre et «défenseur de la foi». L’Eglise est très impliquée dans les grandes cérémonies royales. Au début de chaque séance de la Chambre des communes au Parlement il y a un temps de prière selon les rites de la foi chrétienne.

 

Il y a 26 évêques qui siègent à la Chambre des Lords. Les évêques qui sont membres de la Chambre sont indépendants des partis politiques. Ils peuvent participer à tous les débats dans la chambre, et même les initier, poser des questions au gouvernement et considérer les propositions législatives. Les évêques mènent aussi le temps de prière au début de chaque séance.

Leur rôle à la Chambre n’est pas sans controverse. Dans un contexte où seule une minorité de personnes assistent régulièrement aux offices de l’Eglise d’Angleterre et où il y a davantage de musulmans qui pratiquent leur religion en Angleterre que d’anglicans pratiquants, beaucoup n’acceptent plus que l’Eglise d’Angleterre ait une voix au parlement. Par ailleurs, les évêques sont parfois accusés de se mêler des questions politiques, par exemple, le traitement des réfugiés ou le changement climatique. Les évêques eux-mêmes acceptent qu’une réforme est « inévitable », par exemple en réduisant le nombre d’évêques membres de la chambre.

La présence des évêques dans la Chambre des Lords est néanmoins indissociable de la question d’une réforme radicale de cette Chambre. Les gouvernements britanniques successifs ont reconnu que la situation actuelle n’est pas satisfaisante, mais sont confrontés à la difficulté de trouver un consensus sur l’avenir de la deuxième Chambre du parlement. La réforme de la Chambre des Lords n’est pas le sujet le plus important pour la plupart des Britanniques. Il est vrai que le parlement vient d’adopter une nouvelle loi selon laquelle les pairs héréditaires n’auront plus de siège à la Chambre des Lords, mais cela ne change rien pour les évêques, alors, ils continuent à siéger à la Chambre.

 

La Chambre des Lords

 

Le premier ministre a quasiment le dernier mot en ce qui concerne la nomination d’un nouvel évêque. Il ou elle conseille le monarque mais il serait impensable que le monarque ne suive pas le conseil du premier ministre. En fait le premier ministre suit normalement la recommandation de la commission qui est convoquée pour discerner deux candidats, dont le premier nommé est le candidat préféré de la commission. Mais Mme Thatcher, quand elle était premier ministre, a refusé le candidat préféré de la commission car elle le jugeait trop libéral. Il est intéressant de noter que ce processus perdure, quand bien même le premier ministre ne serait pas membre de l’Eglise d’Angleterre. Rishi Sunak, prédécesseur immédiat du premier ministre actuel, est hindou.

 

La série :

L’EGLISE D’ANGLETERRE À TRAVERS SON HISTOIRE 1. Le 16e siècle

L’ÉGLISE D’ANGLETERRE À TRAVERS SON HISTOIRE 2- le 17e siècle

L’EGLISE D’ANGLETERRE À TRAVERS SON HISTOIRE 3. Le 18e siècle

L’EGLISE D’ANGLETERRE A TRAVERS SON HISTOIRE 4. Le 19e siècle

L’EGLISE D’ANGLETERRE A TRAVERS SON HISTOIRE 5. Les 20 et 21ème siècles

 

 

 

 

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