« Café mortel » à Rochefort
par Valérie Guinais, Eglise Protestante Unie Saintes-Cœur de Saintonge

Dans le même esprit, Matthieu Cavalié, pasteur de Rochefort, proposait le soir du 1 er novembre une séance de « Café mortel ».
Le concept fut créé en 2004 par le sociologue et anthropologue suisse Bernard Crettaz, dans l’esprit ancestral des veillées funèbres, où les personnes endeuillées partageaient leur douleur tout en célébrant le souvenir du défunt. Son objectif était de lever le tabou de la mort et du deuil dans notre société moderne, où les personnes touchées restent le plus souvent seules et démunies, sans temps dédié et d’espace pour exprimer leur ressenti. Les échanges se passent dans des cafés, des lieux publics, la convivialité étant un élément essentiel pour libérer la parole.
Matthieu et son équipe avait aménagé le temple pour créer une ambiance accueillante et chaleureuse. Matthieu a posé le cadre : un échange informel, laïc, sans objectif thérapeutique ou enjeu intellectuel. La parole devait être libre et spontanée, chacun pouvant choisir de s’exprimer ou simplement d’écouter, sans jugement.
Les interventions de chacun (une quinzaine de participants) se sont enchaînées sans gêne et sans difficulté, la bienveillance et l’écoute attentive du groupe permettant de se dévoiler, de témoigner de son vécu et de libérer les non-dits, sur sa propre mort et celles des proches : la solitude, la rupture, l’indifférence de la société, la peur, etc.
Pour citer l’une des participantes : « Comme la semaine de travail nous fait apprécier les week-ends, la mort donne toute sa valeur à la vie ».
Que Mathieu soit chaleureusement remercié pour son initiative et ce moment entre mortels bien vivants et heureux de se retrouver ensemble…