La jeunesse, c’est la vie !

Dans le cadre d’un échange entre l’Église protestante unie de Royan et l’Église méthodiste du Bénin, une délégation de membres de l’Église du Bénin est venue à Royan du 6 au 18 mai. Une série de manifestations a ponctué ce séjour. Interview de Blandine Monda, pasteure de l’Église méthodiste du Bénin à Porto Novo et aumônier de la jeunesse.

Fête de la Jeunesse à Porto-Novo © DR

Blandine Monda © DR

C’est votre premier séjour en France, quels sont vos premiers étonnements en arrivant à Royan ?

D’abord, la propreté de la ville et puis, chez nous, les passages piétons ne sont pas aussi faciles à utiliser, ici il y a de la discipline dans la conduite.

Qu’est-ce qui vous a particulièrement étonnée dans notre Église ?

Vous le savez comme moi, il n’y a pas de jeunes, les gens sont âgés. Comment se fait-il que ceux qui sont venus nous évangéliser n’ont plus de jeunes ? Quel sera l’avenir de l’Église ici ?

C’est très différent au Bénin ?

Nous avons beaucoup de jeunes. Il y en a 300 dans ma communauté et 1000 dans la région.
La jeunesse c’est la vie. Nous œuvrons beaucoup pour maintenir cette jeunesse dans l’Église : il y a le sport, la musique adaptée à la jeunesse, des interprétations chorégraphiques, jeux de dames, jeux de pique. Il y a aussi le « génie biblique », c’est un concours de rapidité et connaissance : à peine vous commencez une phrase, le génie sait comment la terminer… Ce sont autour de ces jeux que se réunissent les jeunes.

Leur proposez-vous des discussions, des sujets de réflexion ?

Oui, il y a aussi l’enseignement : l’amour, comment rester en amitié, comment choisir son conjoint. Il y a des exposés : comment éviter le chômage, comment entreprendre et ne pas attendre faussement le secours de l’État. On aide les jeunes à s’orienter.

Quelles sont les principales difficultés de la jeunesse, ses préoccupations ?

C’est le manque d’emploi. Nos jeunes sont artisans, intellectuels, diplômés mais peu ont un emploi. Et quelqu’un qui n’a pas d’emploi a des difficultés à venir à l’Église parce qu’il y a des cotisations, des offrandes, des dons, il ne pourra pas participer. L’Église réfléchit à faire des activités génératrices de revenus, à orienter la jeunesse dans l’auto-emploi.

Quel rapport avez-vous avec la culture ancestrale ?

C’est dans un contexte de religion endogène, principalement le Vaudou, que le Christ est venu. Puisque la jeunesse aime danser, on utilise les musiques traditionnelles qui sont des manières d’adorer les divinités, mais on les reprend au profit de l’Église, avec des expressions chrétiennes, on chante Jésus. Les jeunes retrouvent ici les mêmes musiques et danses qu’ils connaissent, mais en louant Dieu. La semaine dernière, nous avons vécu la Fête de la jeunesse. Sur la vidéo ci-dessous, vous voyez une danse traditionnelle où les jeunes se portent l’un l’autre.

Claudie de Turckheim