L’école du bout du monde

Le plaisir de voir un film en V.O. c'est qu'il vous transporte dans le pays, au contact de ses habitants, vous avez l'impression de vivre avec eux pour un instant, et même, comme vous êtes habitués à lire les sous-titres sans y penser, vous « comprenez » la langue, sous le charme de ses sonorités ! Ainsi, je voyage du Japon à la Finlande, de la Chine à l'Iran !

Le film qui m’a plu

Par Roseline Cayla

Cette fois-ci, me voici au Bhoutan avec L’école du bout du monde, réalisé par Pawo Choying Dorji.  Le titre anglais est plus mystérieux, mais l’histoire en donnera l’explication : A yak in classroom. Un jeune instituteur, rêvant d’une autre vie, veut démissionner. Mais sa hiérarchie lui rappelle qu’il a un contrat de cinq ans avec l’État, et qu’il doit encore assurer une année. Puisqu’il veut du changement, on l’envoie à Lunana, un hameau à 4800 m d’altitude ! Le voilà parti contre son gré. Un autobus l’amène, après un parcours assez long, jusqu’à un point où il n’y a plus de route. Un guide plein de respect pour sa personne d’homme instruit, l’accompagne pour la suite du voyage, lequel s’avèrera épuisant pour ce citadin, et qui le serait d’ailleurs pour tout autre qui devrait accomplir à pied un aussi long parcours, avec un tel dénivelé, sur un sol pas toujours très praticable. Ils arrivent enfin à une sorte de refuge où ils passeront la nuit. Ce refuge est tenu par un couple avec un jeune enfant. Le lieu semble très pauvre. Le Bhoutan est le pays où les gens sont heureux, dit-on. Pourtant notre instituteur, avec ses écouteurs sur les oreilles, ne songe qu’à le quitter pour aller vivre en Australie. Le lendemain il faut repartir, le but du voyage est encore loin !

Je ne vous raconterai pas comment il fait connaissance avec les villageois, adultes et enfants, qui l’attendent avec impatience. L’histoire est simple, convenue peut-être, « feel good » diront certains. Mais l’intérêt est de montrer à de petits détails ce qui sépare deux styles de vie, deux façons de voir le monde. Il n’y a pas de donneur de leçon, juste des constatations. Ce film m’a donné de la joie ! Les paysages sont magnifiques, les villageois attachants, patients, ingénieux, non dépourvus d’humour ! Les enfants sont joyeux et reconnaissants à l’égard de ce qu’ils reçoivent. Une jeune fille chante en haut de la montagne… Cette vie proche de la nature, en symbiose avec le yak (!), semble si idyllique ! Il faut pourtant tirer partie de chaque chose au mieux, avec parcimonie. Personne ne se plaint mais on devine que rien n’est facile. « Nous espérons que l’instruction permettra à nos enfants, dit l’un, d’avoir une autre vie que celle de gardiens de yak. »

L’école du bout du monde, aventure, drame, 1h49, de Pawo Choyning Dorji, avec Sherab Dorji, Ugyen Norbu Lhendup et Kelden Lhamo Gurung.