Projet Zacharie : des protestants à Londres 

Une partie du groupe © Fehizoro Sataharivao

Du 11 au 15 février, sept paroissiens de l’Église protestante unie d’Orléans sont allés à Londres, un voyage organisé dans le cadre du projet Zacharie.

Huit personnes de l’Église protestante unie de Vannes les accompagnaient, ainsi que Jean-Luc Cremer, président de la région Ouest, Gwenaël Boulet, pasteure et secrétaire nationale de la coordination formation évangélisation, et Françoise Giffard de l’Église protestante unie d’Angers-Cholet. Un voyage riche en découvertes qui leur a permis d’avancer dans leur réflexion sur le projet d’ouverture du temple à Orléans ! Trois participants racontent.

Une ouverture vers l’extérieur

Le Family funday © Agnès Lefranc

Lors de notre visite à Saint Barnabas, Andy Buckler, le pasteur francophone, et Rosemary, au nom de la communauté, nous ont invités à découvrir la grande diversité de leurs actions vers les habitants de leur territoire, actions portées par la prière.

Une des spécificités de cette paroisse est bien d’aller à la rencontre des habitants du quartier de Saint Barnabas en faisant le premier pas… un quartier multiculturel, très contrasté, alliant beaux quartiers, maisons d’artistes et HLM, parc arboré et rues commerçantes…

Des passerelles

Pour cette communauté, il est essentiel de jeter des passerelles entre l’Église locale et les populations du quartier dans leur grande diversité. Les passerelles lancées par Saint Barnabas sont multiples, et supportées par des partenariats avec des personnalités situées hors de l’Église locale et prêtes à faire alliance avec la communauté dans un esprit fraternel. C’est notamment le cas du patron du pub qui reçoit le groupe pop de la paroisse, du directeur de l’hôtel Hilton qui accueille des familles afghanes depuis plusieurs semaines, des responsables d’associations de personnes sans abri, et aussi des chrétiens d’autres Églises ….
Afin d’aller à la rencontre des habitants sur leurs lieux de vie, Saint Barnabas mène de nombreuses actions hors les murs. Le vendredi soir de notre arrivée, nous avons par exemple découvert comment le groupe de musiciens de l’Église jouait au pub des chansons profanes, permettant la rencontre entre les habitués du bar et les paroissiens, venus chanter et prendre du bon temps.

Un lieu de vie

En parallèle de ces rencontres hors les murs, la communauté a fait le choix innovant et bousculant de faire de l’église un lieu de vie pour les habitants, avec l’intention de favoriser la rencontre et de tisser du lien social entre les habitants qu’ils soient chrétiens ou non. Le samedi matin, nous avons ainsi pu assister au Family funday : l’église transformée en plaine de jeux, pour permettre les échanges entre enfants, entre jeunes parents et aussi entre les familles et la communauté. Mais Saint Barnabas accueille aussi des concerts de musique classique un mardi par mois lors de la pause méridienne, reçoit tous les jeudis soirs 70 personnes sans abri dans ses locaux en partenariat avec une association caritative, et propose des cours de musique via la Barnabas Music Academy.
Au cours de cette visite apprenante, Andy a insisté sur l’importance d’oser l’expérimentation sous le souffle de l’Esprit, en veillant à accueillir les habitants dans leur diversité, tout en restant unis en Christ !  Bien sûr, il ne s’agit pas de faire un « copier-coller » de ce qui est vécu à Saint Barnabas : chaque communauté est différente en termes d’environnement (population, territoire) et de charismes de ses membres.  Au final, cette approche innovante est centrée sur la rencontre et l’accueil sans jugement, en faisant de l’Église un lieu de vie riche en humanité. Pour les habitants du quartier, de telles rencontres changent le regard sur l’Église et permettent certainement aux assoiffés de Dieu de pousser la porte (« Come as you are ! »), à la rencontre du Christ vivant.

Vincent Bouchot


Une marche de prières

Marche de prière © Marie-Joëlle Wowor

Durant ce séjour, nous avons participé à une marche de prière dans le quartier de cette Église, organisée par Rosemary, de l’équipe Zacharie.

Une marche de prière est un type d’intercession qui consiste à prier dans un lieu déterminé. Trois groupes ont emprunté trois itinéraires différents autour de l’église, afin de remettre à Dieu, en prière, les habitants, les commerces, la police, les écoles, les entreprises, les autres Églises, les bâtiments administratifs… C’est une façon de s’orienter vers l’extérieur, de se sentir en communion avec le quartier, d’aller vers les autres. C’est aussi une belle manière de prier en tout temps, partout, pour les autres, pour ceux qui nous entourent.
1 Thessaloniciens 5.17  nous dit : « Priez sans cesse ». La prière est au cœur de la vie chrétienne, car il s’agit de notre relation avec Dieu. À l’Église Saint Barnabas, un temps de prière est proposé chaque matin à 8 heures, par zoom ; et chaque mardi un groupe de prière se réunit à l’église entre 7 heures et 8 heures 30 pour intercéder. De plus, les paroissiens participent régulièrement aux marches de prière dans le quartier. Les deux leitmotivs de l’Église sont « La prière avant toute chose » et « Soyons prêts à demander à Dieu des choses impossibles aux hommes, mais possibles à Dieu ».

Marie-Joëlle Wowor


Un culte artistique

Culte « Create » © Agnès Lefranc

Saint Barnabas propose quatre cultes chaque dimanche. Le dernier d’entre eux se déroule à 19 heures. Il est nouveau et mis en place seulement depuis début février 2022. Il s’agit du culte « Create » : la communauté vit le culte à travers les arts créatifs. C’est une jeune pasteure, Clare, qui le prend en charge.

L’accent est mis sur une ambiance de veillée. Les lumières sont tamisées, de confortables fauteuils sont disposés en plusieurs îlots autour d’une petite table où est posé du matériel pour dessiner (papiers, cartes à gratter, plumes, divers crayons …). Nos yeux se posent sur un grand tableau central qui évoque le thème qui sera abordé dans ce culte : la lumière. En direct, une artiste peint un grand tableau coloré. Nous sommes accueillis par une chanteuse au clavier. Les paroles des chants s’affichent sur deux écrans. Pendant le culte, chacun est libre d’utiliser le matériel mis à disposition pour dessiner, tout en étant attentif à ce qui se dit.

Dans une première partie de culte, nous sommes invités à chanter, à nous saluer, à écouter un texte biblique et à prier. Puis la prédication est élaborée sous forme d’un dialogue entre la pasteure et une femme, assises en vis-à-vis, qui discutent sur le texte de Jean 8.12 dans lequel Jésus dit « Je suis la lumière du monde ». Tout en écoutant cet échange, nous contemplons le tableau créé sous nos yeux par l’artiste-peintre. Le culte se termine en chantant et priant.
Une nouvelle manière de découvrir la Parole et d’aborder la foi, stimulante pour nous, qui, à Orléans, cherchons aussi à rejoindre le maximum de personnes… pourquoi pas avec l’art ?

Holy Saunier